Assemblée générale des Communes forestières : réflexion sur une forêt citoyenne

Assemblée générale des Communes forestières : réflexion sur une forêt citoyenneDans une interview accordée à la Gazette des Communes, Dominique Jarlier fait le point, à l'occasion de l'assemblée générale des Communes forestières le 27 octobre dernier, sur les préoccupations des élus et l'actualité de la Fédération nationale. Récolte, bois local, urbanisme, biodiversité, biomasse, rôle des élus, autant de sujets abordés lors de cette journée dense.

La région Ile-de-France face à ses défis forestiers
Le président de la Fédération nationale des Communes forestières, Dominique Jarlier, est revenu sur le choix de la Région Ile-de-France, une région forestière importante qui doit faire face à des défis complexes. S'il est en effet difficile de récolter des arbres en zone périurbaine, notamment en raison des oppositions des habitants, c'est pourtant là que se situe le plus de possibilités d'usages du bois-énergie et du bois construction. L'enjeu est bien de créer des liens de complémentarité mais aussi de compréhension de la gestion forestière entre ces espaces et les popultaions qui y vivent. Organiser l'assemblée générale à Paris était une façon de le rappeler.

Les élus, médiateurs des espaces forestiers
La filière forêt-bois doit aujourd'hui prendre en compte l'attachement des individus à la forêt, elle doit aussi les amener à une certaine réalité scientifique, loin de certains excès d'appréciation.
D'un côté, les élus, en particulier les maires, doivent s'approprier aussi cette dimension: "leur rôle de médiation est très essentiel" a rappelé Dominique Jarlier. De l'autre, les citoyens doivent pouvoir s'exprimer sur les aspects sociaux de la forêt.
Ce rôle de médiation des élus nécessite de l'information, voire de la formation, une mission importante des Communes forestières: "la réflexion sur la forêt citoyenne sera une actualité importante pour nous en 2018" a annoncé le Président.

La construction publique en bois local démonstrative
Concernant la présence du ministre en charge des Forêts, Stéphane Travert, pas d'annonce sur l'Appel à manifestation d'intérêt relatif aux constructions en bois. Or, cette action lancée par l'ancien ministre, Stéphane Le Foll, s'appuyait sur le programme « 100 constructions publiques en bois local» porté par la Fédération nationale des Communes forestières où les élus sont moteurs en tant que maîtres d'ouvrage. L'idée-force est de le développer en lui donnant un nouveau soutien.  A cet égard, pour accepter la mobilisation du bois, son usage doit être pensé localement. Il faut d'une part garantir la ressource pour les générations futures, mais aussi développer l'économie locale. La Fédération natioanle des Communes forestières a d'ailleurs mis en route une étude pour mesurer les retombées économiques du bois sur le territoire.

L'espace rural en devenir
Aujourd'hui, la présence d'espaces non gérés accroît le risque d'incendie, avec un danger lorsque la forêt est en périphérie des villes. La seconde question est liée à qualité de l'eau. Les principales ressources en eau potable se situent en effet sur les têtes de bassin où les massifs forestiers sont importants. En cas de déforestation par exemple, la qualité de l'eau peut être en danger sans en mesurer encore précisément les impacts. Enfin, lorsque les propriétaires de forêt deviennent de plus en plus divers, il peut y avoir des zones de déshérence, sans aucun respect des règles d'urbanisme, avec toute sorte de situations marginales que les élus connaissent bien et qui peuvent parfois dégénérer en situations conflictuelles.

La protection de la biodiversité
Le Contrat d'Objectifs et de Performance (COP) Etat-ONF-FNCOFOR signé le 7 mars 2016 pour la période 2016-2020 se poursuit dans les mêmes termes. Si pour le président Jarlier, l'objectif concernant la mobilisation des volumes de bois est atteignable, il n'en est pas de même pour les regroupements de gestion qui posent plus de problèmes. L'arrivée de l'Agence Française pour la Biodiversité (AFB) ne change pas les choses. Les maires sont de plus en plus conscients de la perte de biodiversité. La question est surtout de savoir comment va se passer l'organisation sur le terrain.

Bois énergie: priorité à la proximité
Le développement de grosses centrales à biomasse comme celle de Gardanne inquiètent et interrogent les élus des Communes forestières. La Fédération natioanle et son réseau a soutenu de tout temps les projets en bois-énergie, notamment au travers du programme « 1000 chaufferies bois en milieu rural ». L'arrivée récente de projets surdimensionnés de centrales modifient non seulement les données concernant l'approvisionnement mais aussi les prix du bois-énergie.

En savoir plus : lire l'article de la Gazette des Communes du 30 octobre 2017