Rencontres nationales des Territoires forestiers : le communiqué

Rencontres nationales des Territoires forestiers : le communiquéLes 1, 2, 3 février 2017, les Rencontres nationales des Territoires forestiers se sont tenues à l'invitation de la Fédération nationale des Communes forestières et de l'Union régionale des Communes forestières Auvergne-Rhône-Alpes. Retour sur des journées denses et conviviales d'échanges et de construction de la place de la forêt et du bois dans le développement des territoires.

A Montrond-Les-Bains (42), 180 participants issus de tous les régions: élus, chargés de mission, experts, entrepreneurs, associations, représentants de l'Etat, élèves du lycée forestier de Noirétable, ont durant trois jours, partagé leurs expériences, imaginé, construit et approfondi la place de la forêt et du bois dans les territoires.
« La question de la démocratie locale est un élément d'appropriation par les usagers et celle de l'échelle territoriale un élément de la pertinence du rôle de l'élu » a rappelé le président de la Fédération nationale des Communes forestières.

« Un arbre ne se préoccupe pas d'être public ou privé »
Premier constat, les fondamentaux des chartes forestières de territoire (CFT) sont toujours d'actualité. Pour rappel, les CFT ont été initiées par la loi forestière de 2001 et leur réseau animé par la Fédération nationale des Communes forestières. Aujourd'hui :

  • les élus sont toujours moteurs, facilitateurs et médiateurs ;
  • une animation reste nécessaire sur le long terme ;
  • la multifonctionnalité avec ses trois piliers du développement durable : économique, environnemental et social, mobilise plus que jamais les acteurs et la concertation locale.

Certaines CFT en sont même à leur troisième programme d'actions.

Des évolutions perceptibles

Avec la modification des périmètres des collectivités, le contexte territorial a fortement évolué. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte:

  • les nouvelles compétences,
  • la capacité financière des EPCI, agglomérations,...
  • des services forestiers en interne dans ces nouvelles collectivités,
  • des liens facilités avec d'autres secteurs : universitaires, chercheurs, industriels...,
  • de nouveaux territoires concernés par la forêt et sa valorisation,
  • la situation des Conseils départementaux avec le risque d'une perte de mutualisation urbain-rural.

Savoir saisir les opportunités
Les nouvelles politiques publiques énergétiques et environnementales (TEPOS, PCAET, TEPCV, GEMAPI, ...) suscitent des dynamiques dans les domaines de la transition énergétique, la construction bois et l'urbanisme.
Dans ce cadre, la forêt et la filière bois deviennent des atouts et l'enjeu est bien leur intégration dans toutes ces nouvelles stratégies territoriales.

Les réflexions à poursuivre....
La pédagogie à destination des populations mais aussi des élus est essentielle pour sensibiliser à la diversité des usages de nos forêts.
Se posent plusieurs questions relatives à la petite propriété forestière, le bois local dans les marchés publics, l'adéquation entre les politiques forestières locales, régionales et nationales, la poursuite du décloisonnement de la filière, le développement du partenariat public-privé, la nécessité de la participation des élus locaux aux réflexions sur la mobilisation de la ressource.

Et celles à engager ....
Le lien urbain/rural doit s'établir dans la confiance, la coopération, la réciprocité, la mutualisation, l'équilibre producteur/consommateur, la complémentarité et les échanges.
Les attentes diverses doivent être mise en cohérence comme par exemple la vidange des bois à intégrer dans les PLU ou PLUi.
Les innovations techniques, technologiques, organisationnelles et fonctionnelles doivent permettre d'initier de nouvelles démarches telles que la massification public-privée des bois.

La ressource forestière, levier de développement
L'élu forestier doit avoir les connaissances fondamentales et les argumentaires pour être force de propositions et de coordination. L'initiative des « élus référents » est à ce titre une action majeure pour une expertise attendue.
Les territoires doivent oser, innover, rassembler, non seulement pour gérer durablement et dans l'intérêt général leurs territoires forestiers mais aussi pour proposer du « sur mesure » prenant en compte les spécificités de leurs forêts.

Il faut également :

  • clarifier les niveaux de compétences et de responsabilités des collectivités et les échelles d'intervention,
  • atténuer le clivage urbain-rural,
  • développer et innover dans les partenariats, les mises en réseaux, les synergies,
  • rechercher systématiquement la place de la forêt et du bois dans toutes les politiques territoriales,
  • s'appuyer sur une vision stratégique de la forêt de demain et anticiper sur le choix des essences et les évolutions des pratiques sylvicoles,
  • aborder les projets sous l'angle du changement climatique,
  • expliquer plus que convaincre de l'importance de la gestion forestière,
  • sensibiliser tous les acteurs tels que les bureaux d'études,
  • enfin, construire des projets reproductibles dans le temps et l'espace.

Autant de pistes de travail pour engager l'Acte II des Chartes forestières de territoire.